Ces dernières années, le discours ambiant poussait les entreprises à s’engager dans une recherche illimitée de la vertu, vous savez ces entreprises « à mission ». Avant vous vendiez des téléphones, maintenant vous connectez l’humanité. Au risque souvent d’oublier que la raison d’être d’une entreprise c’est de créer de la richesse pour irriguer ensuite la collectivité et pas le contraire.

Nous avons vécu une crise majeure, mais totalement inédite, car elle a été provoquée par un arrêt forcé de l’activité, donc rien à voir avec les crises structurelles cycliques.

Parler de crises aujourd’hui avec ce que nous pouvons imaginer des grands défis qui sont face à nous n’a plus de sens. Nous sommes en mutation permanente, il faudra compter sur d’autres crises exogènes : sanitaires, sociales, sécuritaires… Autant s’y préparer. Je crois qu’avec les années, on se construit une certaine philosophie. Dix ou quinze ans sans accident, ça n’existe que dans l’imagination des financiers.

Avec de telles perspectives les entreprises qui auront su être rentables et consolider leurs fonds propres quand tout allait bien, pourront s’offrir le luxe d’investir et de préparer les sorties de crise. Quand le système repartira, elles seront loin devant…

On peut donc trouver au moins une vertu aux crises, celle de rappeler que la rentabilité n’est pas un luxe ou un bonus qui tombe parfois, quand les cieux sont favorables.

C’est un pilier essentiel de la liberté d’action de l’entreprise, par tous les temps et sous toutes les conjonctures.

Michel COURTOIS